Avec la Réglementation environnementale du bâtiment (RE2020), toutes les constructions neuves doivent évaluer l’empreinte carbone des matériaux utilisés, et les maintenir sous un certain seuil. Cette obligation encourage l’utilisation de matériaux biosourcés, très intéressants au plan écologique, à commencer par le bois.
Pour faciliter l’utilisation du bois en façade et diversifier les possibilités de finitions, deux acteurs se sont associés : le promoteur ICADE, et le spécialiste des solutions de façades Sto. Ensemble, ils ont obtenu une appréciation technique d’expérimentation (ATEx) pour la solution StoTherm Mineral COB sur FOB, un mode constructif associant des façades à ossature bois (FOB) et une isolation thermique par l’extérieur (ITE) sous enduit minéral. Cette ATEx est valable pour des immeubles jusqu’à 28 m, ce qui permet de couvrir la plupart des besoins en logements collectifs. « L’enjeu, c’est de proposer une écriture architecturale et des performances environnementales qui vont bien au-delà des exigences réglementaires, mais à des coûts acceptables pour le marché », résume Jérôme Duru, directeur filière sèche d’ICADE Promotion.

À l’été 2025, le promoteur Urbain des Bois, filiale d’ICADE Promotion, a livré près de Tours, à La Riche (37) la résidence Les Dryades : cette copropriété propose 48 logements dans deux bâtiments jumeaux, en R+5. Le bois constitue 50 % des matériaux mis en œuvre, ce qui classe le projet parmi les plus ambitieux du marché : la résidence atteint le seuil 2028 de la RE2020 avec trois ans d’avance. Au plan énergétique, la résidence bénéficie en outre du raccordement au réseau de chaleur urbain local, promesse de factures maîtrisées.
Sur les quatre premiers niveaux, les bâtiments sont construits autour d’un noyau béton avec des façades en ossature bois (FOB) non porteuses. Aux deux derniers étages, c’est une structure 100 % bois qui se développe sous la toiture en double pente.

La plupart des appartements bénéficient d’une double orientation, et tous sont dotés de larges espaces extérieurs, construits en bois. « Cette trame de loggias rapportées permet de lire en façade le système constructif, explique l’architecte Laurent Fichou en charge du projet pour l’agence TGTFP. Le bâtiment s’inscrit dans le projet urbain du Plessis-Botanique : il crée un dialogue entre maisons de ville anciennes et immeubles collectifs neufs. »
La conception a aussi intégré un objectif de réversibilité, afin d’envisager d’éventuelles évolutions dans les logements, par exemple pour reconfigurer les typologies. Une possibilité ouverte par le système constructif retenu sur l’opération.

Ce choix d’un mode constructif bois a joué sur le calendrier du chantier. « Les pare-pluies qui protègent les ossatures ne pouvaient pas rester en place plus de six mois : cela nous a poussé à mettre en place un planning serré, qui a été tenu grâce à la bonne coordination entre les intervenants à chaque étape de la mise en œuvre », se félicite Valentin Pilet, le chargé d’affaire qui a suivi le projet pour Sto. L’organisation du chantier s’est donc révélée décisive. Le cabinet de maîtrise d’œuvre Polytec a assuré en plus de sa mission d’économiste un rôle de coordination autour de l’ATEx, en liaison avec Sto et ICADE Promotion. « En amont des travaux, un prototype de mur a été monté pour former les intervenants aux points singuliers de la solution, indique Thomas Dollet, directeur de travaux au sein de Polytec. Le principal enjeu pour les FOB concerne la continuité de l’enveloppe, afin de garantir la parfaite étanchéité du bâtiment dans le temps. »

Formée à la solution avec ce mur-témoin, l’entreprise Façades de Touraine a suivi le cahier des charges du StoTherm Mineral COB sur FOB, avec un phasage très précis des interventions. Les principaux points d’attention concernent les liaisons entre l’isolation et les menuiseries, et la pose des fourrures qui permettent la fixation ultérieure des balcons : ces éléments doivent être positionnés avant de démarrer l’ITE. « L’objectif, c’est de traiter tous ces points singuliers en une seule fois, pour ne pas intervenir ensuite sur l’enduit, détaille Thomas Dollet. On s’assure ainsi de ne pas compromettre l’isolation et l’étanchéité de la façade. »

Une autre particularité de la solution concerne la présence de plusieurs joints de fractionnement horizontaux et verticaux entre les modules d’ossature, pour anticiper les éventuelles dilatations du bois dans le temps. Ces joints ont été recouverts par un profil métallique discret, peu visible en façade. L’ITE a été réalisée avec de la laine de roche, isolant incombustible, et la finition avec un enduit taloché à base de silicate, le StoSil, très résistant aux pluies tout en offrant une excellente perméabilité à la vapeur d’eau

Le chantier étant soumis aux intempéries, des capteurs reliés au wifi ont été installés dans les façades orientés à l’ouest pour mesurer l’hygrométrie des ossatures bois. « Cet appareillage a permis de suivre quasiment en temps réels les taux d’humidité : le dispositif a validé la qualité de l’enveloppe. La seule fois où les capteurs ont détecté un excès d’humidité dans le bâtiment, c’est quand l’entreprise de gros œuvre a coulé les chapes béton sur les planchers », rapporte Thomas Dollet pour Polytec.

« Le mix entre un noyau béton, des façades à ossature bois et une finition sous enduit permet d’atteindre le seuil 2028 de la RE2020 avec un entre-deux intéressant sur les coûts. »
« Avec cet ATEx de cas a, on vient combler des vides référentiels et assurantiels sur les solutions enduits pour les constructions bois de moyenne hauteur. »